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La méthode

Le mongol comparé au français et aux autres langues

Vous parlez anglais, vous avez fait de l’allemand ou du russe ? Ce bagage vous servira. La méthode Introduction à la langue mongole compare souvent la langue mongole à d’autres langues pour rendre une règle claire en une phrase. Voici ces comparaisons, puis ce qu’elles signifient pour chaque langue.

Pourquoi le livre compare la langue mongole à d’autres langues

La préface s’en explique : des éléments tirés de l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol, du japonais et du russe ont été ajoutés, parce que ceux qui s’intéressent au mongol connaissent souvent l’une de ces langues. Le but est de montrer la structure du mongol à partir de ce que vous savez déjà.

L’auteur fixe aussi une limite : plusieurs aspects du mongol « empêchent une comparaison superflue avec la langue française », et il veut éviter « toute comparaison trop simpliste ». Une comparaison éclaire une règle ; elle ne remplace pas l’écoute des enregistrements.

Les comparaisons du livre en un coup d’œil

Point de grammaireLangue de comparaisonPage
Particule de question en fin de phrase (уу)chinois « ma », japonais « ka »p.52
Verbe en fin de phrasejaponais, allemandp.56
Déclinaisons (sept cas)latin, allemand, russep.76
Le son kh (х)allemand, espagnol, russep.25
Action en cours –ж байнаanglais, espagnolp.102
дуртай / хайртайanglais « like » / « love »p.106
биз дээanglais « isn’t? »p.218
Logique du choix des casespagnol, russep.245

Langue par langue

Le français

C’est la langue de départ du livre, et la plus éloignée sur bien des points. Le mongol n’a pas de genre et ne conjugue pas selon la personne. Il place le déterminant avant le déterminé : Монгол хоол, « mongol repas ». Il emploie des postpositions, placées après le mot, là où le français a des prépositions. Beaucoup de nos expressions sont des verbes en mongol : Би өлсөж байна « J’ai faim ». Enfin, une question négative n’y est pas un reproche mais une marque de politesse :

Та цай уухгүй юу ?

Ne boiriez-vous pas de thé ?

Quelques points communs rassurent : comme le français, le mongol a des nombres cardinaux et ordinaux, et l’allongement d’insistance de Сайн байна аа ! rappelle notre « je vais bien ! » appuyé.

L’anglais

C’est la comparaison la plus fréquente du livre. La forme –ж байна correspond au « present progressive » : Тэр өнөөдөр ажиллаж байна, « she/he is working today ». Comme « like » et « love », le mongol distingue дуртай et хайртай : Би Монгол улсад дуртай « J’aime la Mongolie », Би чамд хайртай « Je t’aime ». Явъя « allons-y » est rapproché de « let’s go », ёстой de « I must, I have to ». Attention au mot « with » : les manuels anglais l’emploient pour l’instrumental, alors que notre « avec » correspond au comitatif –тай.

L’allemand

Comme en allemand, le verbe se place en fin de phrase. L’allemand décline aussi ses noms, mais ses terminaisons dépendent du genre et du nombre ; en mongol, seule l’harmonie vocalique décide. Le livre emprunte encore à l’allemand le son du х, celui du « ch » de « Bach ». Voir les sept cas de la déclinaison mongole.

L’espagnol

La jota de « Argentina » donne aussi le son du х. L’action en cours –ж байна rappelle « está viviendo » ou « está trabajando hoy ». Et le couple « ser/estar » sert au livre d’exemple d’une logique étrangère au français, comme le choix des cas en mongol : on achète un livre « du magasin », би нэг номыг дэлгүүрээс авсан.

Le russe

Le mongol s’écrit avec l’alphabet cyrillique, augmenté de ө et ү. Un russophone a donc un avantage pour lire, mais la prononciation diffère souvent : le livre demande de veiller à ne pas reproduire les sons russes. Les lettres к, ф, щ, п n’apparaissent que dans les mots empruntés, en particulier au russe, au chinois et au tibétain : такси « taxi », пиво « bière ». Le russe est enfin cité pour ses déclinaisons et pour ses verbes transitifs et intransitifs.

Le chinois

Le livre retient une ressemblance précise : pour transformer une affirmation en question, le chinois ajoute « ma » en fin de phrase, le mongol уу ou үү.

Энэ таны ах уу ?

Est-ce votre grand frère ?

Le chinois figure aussi parmi les langues qui ont prêté des mots au mongol.

Le japonais

Même procédé avec la particule « ka ». Le japonais partage en outre avec le mongol la place du verbe, en fin de phrase. Un apprenant qui connaît le japonais a donc déjà deux bons réflexes.

Ce qui reste propre à la langue mongole

Aucune des langues comparées ne connaît l’harmonie vocalique, qui commande pourtant presque tous les suffixes mongols. Le livre signale aussi des distinctions sans équivalent, comme манай « notre (et le vôtre) » face à бидний « notre (pas le vôtre) ». Et il prévient : ses traductions donnent un sens général plutôt qu’un mot à mot, pour rester au plus près de la logique mongole. Pour mesurer ce que ces différences représentent en pratique, lisez difficultés et facilités de la langue mongole.

À retenir

  • Le livre compare le mongol à l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le russe, le chinois et le japonais pour éclairer une règle ; le latin n’est cité que pour les déclinaisons.
  • Question en fin de phrase : comme le « ma » chinois et le « ka » japonais.
  • Verbe en fin de phrase : comme en japonais et en allemand ; cas : comme en latin, en allemand et en russe.
  • Le russe partage l’alphabet cyrillique, pas la prononciation.
  • L’harmonie vocalique n’a d’équivalent dans aucune de ces langues.

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Cette page reprend un point de la méthode « Introduction à la langue mongole ». La méthode complète ajoute le dialogue enregistré, le vocabulaire, les explications détaillées et le corrigé de chaque leçon.

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Exercices

Retrouvez les comparaisons faites par le livre.

Quelle langue ajoute la particule « ka » en fin de phrase pour poser une question, comme le mongol ajoute уу ?

  1. le chinois
  2. le japonais
  3. l’allemand

Le japonais emploie « ka », le chinois « ma ». Le mongol suit le même procédé.

À quoi le livre compare-t-il le son de la lettre х ?

  1. au « ch » de l’allemand « Bach »
  2. au « h » de l’anglais « house »
  3. au « ch » du français « chat »

Le son kh est celui de « Bach », de la jota espagnole ou du x russe. Le « ch » de « chat » correspond à ш.

Le livre compare дуртай à l’anglais « like ». Comment dit-on « J’aime la Mongolie » ?

  1. Би Монгол улсад хайртай.
  2. Би Монгол улсад хэрэгтэй.
  3. Би Монгол улсад дуртай.

дуртай (« like ») exprime l’intérêt pour une chose, un pays ; хайртай (« love ») exprime l’amour envers une personne.

Que partagent le russe et le mongol, selon le livre ?

  1. La même prononciation des lettres
  2. L’alphabet cyrillique, mais pas toujours la prononciation
  3. La même grammaire

Le mongol utilise le cyrillique plus ө et ү, mais il faut se garder de reproduire les sons russes.

En mongol, la question négative Та цай уухгүй юу ? exprime surtout :

  1. la politesse
  2. un reproche
  3. un ordre

Contrairement au français, la question négative ajoute de la politesse et de la révérence à la demande.

Le livre rapproche –ж байна du « present progressive » anglais. Dites en mongol « Je suis en train de lire ce livre. »

Би энэ номыг уншиж байна.

Comme « I’m reading », la forme уншиж байна décrit une action en cours.

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