Les mots de la langue mongole : un radical et des suffixes
Une langue agglutinante
Le livre range le mongol parmi les langues « agglutinantes ». Un mot se construit en ajoutant des suffixes à un radical de base, que l’auteur appelle le morphème. Là où le français place de petits mots devant le nom (« de », « avec », « les », « mes »), le mongol accroche des suffixes derrière. Même le verbe de la salutation se découpe : байна « être » = бай- + –на. À la cinquième leçon, le livre montre jusqu’où peut aller l’empilement :
найз → найз нар → найз нартай → найз нартайгаа
ami → les amis → avec les amis → avec mes amis
Pour apprendre à découper un mot, voyez la structure du mot mongol, l’agglutination des suffixes et la synthèse sur la création des mots.
L’harmonie vocalique
Les voyelles d’un mot appartiennent à une seule classe : celle de а, о, у (avec ы, ю, я) ou celle de э, ө, ү (avec е, ё). Les voyelles и et й sont neutres. Le suffixe prend une voyelle de la même classe que le mot. Un même suffixe a donc plusieurs formes, et vous les devinez au lieu de les apprendre.
Монгол → Монголоор ; Франц → Францаар
mongngol → mongngolo:r ; frants → frantsa:r
Mongolie → en mongol ; France → en français
Tout est expliqué sur la page l’harmonie vocalique de la langue mongole, puis en détail dans la règle 1.2.2 et l’harmonie vocalique appliquée aux suffixes.
Les noms : sept cas, ni genre ni article
Sept cas à la place des prépositions
La fin d’un nom change selon son rôle dans la phrase : c’est la déclinaison. Le livre compte sept cas, qu’il fait passer par le mot гэр « maison, yourte » : гэр (nominatif), гэрийн (génitif), гэрт (datif-locatif), гэрийг (accusatif), гэрээс (ablatif), гэрээр (instrumental), гэртэй (comitatif). Le suffixe joue le rôle de notre préposition.
Би Францаас ирсэн.
bi frantsa:s irsèn
Je viens de France.
Le livre prévient : on ne trouve pas le bon cas par une traduction trop littérale du français. Certains verbes imposent le leur. Ainsi уулзах « rencontrer » se construit avec le comitatif : Тэр нүүдэлчинтэй уулзмаар байна. « Il/Elle veut rencontrer (avec) un nomade. »
Survol sur la page la déclinaison de la langue mongole, détail dans les sept cas et tableau complet dans le récapitulatif des cas.
Ni genre, ni article, peu de pluriel
Le mongol ne fait pas usage du genre : тэр veut dire « il » aussi bien que « elle ». Pour préciser, on ajoute эрэгтэй « homme » ou эмэгтэй « femme ».
Тэр эмэгтэй багш уу ?
Est-elle un professeur ?
Il n’y a pas d’article non plus : le livre traduit хотын байр par « (le/un) appartement de ville », en laissant le choix entre « le » et « un ». Enfin, la marque du pluriel est très rarement inscrite. L’auteur en tire une conséquence rassurante : les déclinaisons ne dépendent que de l’harmonie vocalique. Voyez le masculin et le féminin et la formation du pluriel.
La phrase : le verbe à la fin
Sujet, compléments, verbe
Comme le japonais et l’allemand, rappelle le livre, le mongol place le verbe en fin de phrase. L’ordre habituel est : sujet, éléments secondaires, prédicat. À l’intérieur des groupes, ce qui précise passe toujours devant : өндөр уул « la haute montagne », mais Уул өндөр. « La montagne est haute. »
Би ном худалдаж авсан.
J’ai acheté un livre.
La phrase peut même se passer de verbe : au lieu de би эмч байна, les Mongols préfèrent dire би эмч « je (suis) médecin ». Voyez l’ordre des mots dans la phrase simple, l’ordre déterminant-déterminé, le prédicat nominal et verbal et la synthèse sur l’ordre des mots.
Des particules pour poser une question
Pour une question fermée, on garde la phrase affirmative et on ajoute à la fin уу, үү, юу ou юү, choisie par l’harmonie vocalique. Le livre compare ce procédé au « ma » chinois et au « ka » japonais. Avec un mot interrogatif comme хэн « qui », la phrase se termine par бэ ou вэ.
Тэр багш уу ?
Est-elle (il) professeur(e) ?
Таны нэр хэн бэ ?
Quel (qui) est votre nom ?
Pages détaillées : les particules уу, үү, юу, юү, les particules бэ et вэ et le récapitulatif des questions.
Les verbes : des formes plutôt qu’une conjugaison
Le livre le dit nettement : il n’y a pas de conjugaison à proprement parler. La terminaison ne change pas avec le sujet : би ажилладаг « je travaille », тэд ажилладаг « ils travaillent ». Ce qui change, c’est le mode, marqué par un suffixe ajouté au radical. Voici le radical ажилл- « travailler » tel que le livre le décline :
| Forme | Sens selon le livre |
|---|---|
| ажиллах | à travailler |
| ажилласан | a travaillé, ont travaillé |
| ажилламаар байна | vouloir travailler |
| ажиллаарай | travaille ! travaillez ! |
| ажиллавал | si je travaille, si tu travailles… |
| ажилладаг | travaille (action répétée, habituelle) |
| ажиллана | travaille et travaillera |
Plusieurs de ces formes sont des participes : elles servent de verbe, mais aussi de déterminant devant un nom, comme ирсэн хүн « personne arrivée » ou хийсэн ажил « le travail fait ». Pour la négation, le mongol emploie surtout le suffixe –гүй « sans » et le mot биш : Би багш биш. « Je ne suis pas professeur. » Pages détaillées : les verbes : radical et suffixes, les participes, le tableau des formes verbales et le récapitulatif de la négation.
Les 12 leçons de la méthode
Le livre introduit ces règles pas à pas. Chaque leçon suit la même démarche : un dialogue, le vocabulaire, les règles avec leurs exemples, puis des exercices corrigés. Les cinq premières leçons suffisent déjà pour vous débrouiller en voyage : saluer, vous présenter, compter, construire des phrases simples.
- Leçon 1 : l’alphabet et la prononciation
- Leçon 2 : premières phrases et politesse
- Leçon 3 : les déclinaisons et les premiers verbes
- Leçon 4 : l’action en cours, l’habitude, le datif
- Leçon 5 : les nombres et le pluriel
- Leçon 6 : le futur, la négation, les directions
- Leçon 7 : vouloir, le comitatif, le génitif
- Leçon 8 : l’impératif, l’instrumental, l’accusatif
- Leçon 9 : les pronoms, болох, la particule нь
- Leçon 10 : phrases complexes, condition, passé immédiat
- Leçon 11 : гэж, pouvoir, les passés
- Leçon 12 : postpositions, jours, besoin et intention
À retenir
- Le mongol est agglutinant : un radical, puis des suffixes, comme найз нартайгаа « avec mes amis ».
- L’harmonie vocalique choisit la voyelle de chaque suffixe : Монголоор, Францаар.
- Sept cas, pas de genre, pas d’article, un pluriel rarement marqué.
- Le verbe ferme la phrase ; ce qui précise un mot se place devant lui.
- Pas de conjugaison selon la personne : seul le mode change le suffixe du verbe.
Vous voulez la leçon complète, avec l’audio ?
Cette page reprend un point de la méthode « Introduction à la langue mongole ». La méthode complète ajoute le dialogue enregistré, le vocabulaire, les explications détaillées et le corrigé de chaque leçon.
Exercices
Six questions pour vérifier que vous avez les grands traits de la grammaire mongole en tête.
Que veut dire qu’une langue est « agglutinante » ?
- Elle place des prépositions devant les noms.
- Elle ajoute des suffixes à un radical pour préciser le sens.
- Elle ne connaît pas les verbes.
Le mongol construit ses mots en collant des suffixes au radical : найз → найз нартайгаа.
« En mongol » se dit :
- Монголаар
- Монголээр
- Монголоор
Les voyelles о de Монгол appellent la forme en о du suffixe : Монголоор.
Que signifie тэр dans Тэр багш. ?
- il ou elle : le mot n’indique pas le genre
- il, uniquement
- elle, uniquement
Le mongol ne marque pas le genre ; pour préciser, il ajoute эрэгтэй ou эмэгтэй.
Quelle phrase respecte l’ordre des mots du mongol ? (J’ai acheté un livre.)
- Би худалдаж авсан ном.
- Би ном худалдаж авсан.
- Худалдаж авсан би ном.
Sujet, puis objet, puis verbe : le verbe худалдаж авсан ferme la phrase.
би ажилладаг veut dire « je travaille ». Pour dire « ils travaillent », que faut-il changer ?
- le suffixe du verbe
- l’ordre des mots
- le pronom seulement : тэд ажилладаг
Pas de conjugaison selon la personne : seul le pronom change, le verbe reste ажилладаг.
Transformez en question : Тэр багш. (Il/Elle est professeur.)
Тэр багш уу ?
On ajoute la particule à la fin ; багш a la voyelle а et finit par une consonne, d’où уу.
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